mercredi 4 mai 2011

Les tiroirs à malices - Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi - @ photo Sylvie Roche

Il était temps qu'elles ressortent des tiroirs, les malices ! Et quelles malices ! Pour débuter 2011 (!), un guide solaire et lumineux : Isabelle Cerboneschi. Pour ceux qui ne la connaissent pas, Isabelle est la rédactrice en chef des hors-séries du quotidien suisse Le Temps. Journaliste, raconteuse de belles histoires, intervieweuse sensible, passionnée et férue de mode.
Nous avions convenu d'un rendez-vous autour d'un café à Genève. Les heures se sont envolées, délicieuses, hors du temps. Sa sensibilité, sa douceur, ses éclats de rire et surtout son émerveillement intact face aux créateurs (elle voit plus de 200 défilés par an !!), son admiration pour ceux qui inventent le vêtement. Dois-je préciser que j'ai été charmée et conquise...
Pardonnez-moi pour ce long post, inhabituel sur la blogo. Les tiroirs à malices sont une conversation, un cadeau , à chaque fois, des invitées. Les partager avec vous me réjouis énormément.
Si vous avez le temps, savourez cette ballade à travers le dressing (mais pas que..) d'Isabelle...

La mode, ce mot galvaudé… Qu’est-elle exactement pour vous ?
Un vêtement, ça vous protège du froid, de l'humidité, du chaud, de la nudité... Mais la mode, pour moi, c'est ce qui nous est donné en plus pour exprimer tous nos personnages intérieurs. Vous pouvez dire qui vous voulez être, ou paraître, sans même avoir besoin d'ouvrir la bouche. C'est un outil d'expression formidable, la mode!

Robe Bouchra Jarrar

Votre style personnel et votre goût ont-ils une source dans votre enfance ou vous les avez forgés toute seule ?

 L'influence des femmes de sa famille ... A gauche la robe de sa grand-tante, à droite une Lanvin hiver 2010.

J'ai grandi auprès de femmes dont la mode était le métier. Ma grand-tante Isabelle était modiste, elle créait des chapeaux. Ma mère, Colette, était une artiste peintre au destin contrarié qui a finalement ouvert une boutique où elle vendait des marques comme Alaïa, Sonia Rykiel, etc. J'ai forcément été influencée par elles, mais par infusion, sans vraiment m'en rendre compte. Quand j'étais ado, je m'habillais dans un style tellement aux antipodes du leur - jeans, bottes camarguaises, chemises de grand-père chinées aux puces, longs foulards indiens imbibés de patchouli... - que ma mère m'avait interdit d'entrer dans sa boutique! Mon frère disait que je voulais devenir hippie quand je serais grande... J'ai visiblement raté cette vocation précoce.

Isabelle à l'époque où elle était interdite de la boutique de sa maman


Quelles sont vos inspirations ?
Je m'inspire d'abord de mon corps. Comme il est à géométrie variable (il peut passer du 36 au 42, normes françaises), je dois me plier à ses exigences du moment. Mais quand il retrouve une taille « normale » (38-40), et que je peux porter ce que j'aime vraiment - des robes près du corps style années 50, ou des tenues style seventies – je réalise que mes muses ont leur photo collée dans mes albums de famille! Malgré tous mes excès vestimentaires (et il y en a eu!), mes égarements, mes déguisements et mes ratages, je suis finalement revenue à la source... On se défait difficilement de ses empreintes familiales...

Un de ses nombreux foulards indiens

Votre premier émoi modeux ?
Enfant, j'adorais aller fouiller dans le grenier de ma grand-tante et mettre mes mains dans ses longues robes de soirée. A son époque, le prêt-à-porter n'existait pas: ses tenues étaient faites sur mesure. Lorsque j'ai eu 16 ou 17 ans, j'ai pu en essayer quelques unes, dont une longue robe blanche que j'adorais et qui ressemble un peu à une robe de Madame Grès. Elle était lourde, mais dans cette robe, j'avais l'impression que rien de grave ne pourrait m'arriver...

La robe blanche de sa grand-tante

Etes-vous liée émotionnellement aux vêtements ou ne les considérez-vous que comme un bien matériel ?
J'y suis liée comme on peut être lié à un objet qui fut le témoin de nombreux souvenirs, des joies, des coups de foudre, des coups de folie... Mais je ne garde que les bons souvenirs. Mes robes de désespoir, je les ai vendues dans des boutiques de seconde main... D'ailleurs, si ça se trouve, elles sont peut-être devenues les robes de bonheur de quelqu'un d'autre!

Sac Chanel hérité de sa maman

Les accumulez-vous ou vous en débarrassez facilement ?
Disons que je fais de la conservation...

Ses chaussures de Cendrillon

Quel a été votre premier frisson  ?

Isabelle et le fameux chemisier Yves St-Laurent. Elle avait 18 ans.

J'avais 16 ans. J'étais à Cannes et je suis passée devant la boutique Yves Saint Laurent. Dans la vitrine, il y avait LE chemisier de rêve: en soie turquoise, avec une lavallière. Une folie à l'époque! Ma famille venait juste de m'ouvrir mon premier compte en banque, en espérant sans doute m'apprendre à faire des économies, et j'avais donc reçu mon premier chéquier. J'ai un peu hésité, j'ai pris tout mon courage, suis entrée dans la boutique, j'ai demandé d'une toute petite voix si je pouvais essayer le chemisier, puis j'ai demandé son prix en sortant mon chéquier, et j'ai payé. Je ne sais plus si c'était par bravade, parce qu'il m'allait bien, ou parce que je n'osais pas sortir du magasin sans rien... Un peut de tout cela sans doute... Et là, j'ai vécu ma première humiliation: devant moi, la vendeuse a pris son téléphone, elle a appelé ma banque et a demandé si il y avait assez d'argent sur mon compte. C'était comme si elle me disait, par personne interposée, que ma place n'était pas ici...

L’avez-vous gardé ?
Oui, bien sûr! J'ai recommencé à le porter cet hiver. Il lui manque un ou deux boutons, mais il est toujours aussi beau! Comme quoi, c'était un excellent investissement...
Le même chemisier, toujours intemporel

Vos marques fétiches

Minaudière adorée, dessinée par Sylvia Toledano pour Anne Valérie Hash

Ce sont avant tout des marques qui vont à mes formes. Je ne suis pas une fille Balmain, par exemple! J'aime les vêtements d'Anne Valérie Hash, parce que je l'aime elle, et parce qu'elle a une manière de concevoir ses vêtements, directement en 3D sur un mannequin, qui fait qu'ils tombent toujours juste. J'aime les robes Lanvin, près du corps en tissus extensible que j'appelle « mes robes à tout faire* (jour, nuit, professionnel, privé, etc.), et celles d'Azzedine Alaïa, qui rendent les femmes belles et donnent envie de danser. J'aime certaines pièces fortes de Dries van Noten car elles racontent un univers unique, Halston et Pucci pour leurs couleurs de la joie, Andrew Gn pour ses tenues de cocktail, Bouchra Jarrar pour ses lignes à la simplicité sophistiquée, et enfin Céline. Céline, c'est une marque dont je fais une dégustation verticale: j'ai des chemisiers des années 70, des vêtements dessinées par Michael Kors quand il était directeur artistique de la marque, par Ivana Omazic, et maintenant par Phoebe Philo. J'aime l'esprit de cette maison... Sans doute parce que cela m'évoque des années heureuses, les années des films de Claude Sautet....

Chemisier vintage Celine

Vos lieux de prédilection ...
Quand je décide de m'offrir une belle pièce, j'attends les soldes et j'investis seulement dans de l'automne-hiver (Céline, Apollinaire, Bon Génie, Anita Smaga à Genève, Lanvin, Bon Marché à Paris, Bergdorf Goodman à New York). C'est souvent dans les magasins les plus chers que j'ai fait les meilleurs affaires: des vêtements sublimes soldés jusqu'à 80%! Pour l'été, j'aime bien porter des petites robes en coton à 10 euros trouvées sur le marché d'Aix en Provence... Comme je passe l'hiver en pulls à col roulé, je les achète chez Manor. Ils sont en cachemire, ils coûtent 99 francs, ils durent des années, ils passent en machine, ils sont parfaits! J'aime les accessoires délicats que crée Mina d'Ornano (boutique Mina Poe à Paris), les chaussures de Pierre Hardy (Paris), les sandales Rondini (St Tropez), les bottes à talons hauts et larges style 70's Sergio Rossi (Genève), les sacs et les bijoux de la boutique Ma Vie Sur Mars (Genève)... Pour les vêtements vintage, je fais un tour chez Marisa, qui tient la boutique Flair, à Genève, ou j'appelle Julia Pleines, une collectionneuse genevoise qui possède une profonde culture de la mode et de son histoire. J'ai souvent la main heureuse dans les magasins de second hand. Je n'ai pas d'adresse particulière à donner car j'y entre un peu au hasard des villes où je me trouve: cet hiver, par exemple j'ai déniché une robe Léonard des années 70 à 60 francs, un sac Walter Steiger des années 80 à 8 francs!, un tailleur jupe Céline vintage à 120 francs... J'adore partir à la chasse aux trésors...

Collier aMouschka (en Suisse romande à Ma vie sur Mars)

Vous aimez particulièrement les vêtements vintage?

La veste à basque ayant appartenu à sa grand-tante, une nouvelle vie à près de 70 ans !

l'étiquette recousue à l'intérieur

J'aime porter des vêtements qui ont déjà eu des vies avant moi! Si ils ont appartenu à des personnes aimées, c'est encore mieux. J'ai par exemple une petite veste en drap noir avec une basque qui a appartenu à ma grand-tante: j'ai fait refaire la doublure, cousu l'étiquette de sa boutique à l'intérieur. On ne dirait pas qu'elle a plus de 70 ans! Quand je la porte, je me sens plus forte: comme si mon aïeule me prenait par la taille et me disait: « Allez, redresse-toi et vas-y! »

Sac de sa grand-maman devant une photo offerte par son amie, la photographe Sylvie Roche

Quels sont vos basiques indispensables ?
Pour me sentir libre, j'ai besoin de quelques limites, dont celles que me fixent mes vêtements. J'aime par exemple tous ceux qui m'imposent une petite pression ici ou là. Des robes, principalement, dans lesquelles je me sens en sécurité, qui ne se froissent pas dans ma valise (je voyage pas mal), qui n'y prennent pas trop de place (je n'enregistre jamais mes bagages), qui se portent aussi bien le jour que le soir et qui savent aussi jouer avec les saisons: l'hiver sur un pull avec des bottes, l'été sans rien avec des sandales. J'aime les vêtements dont le caractère n'est pas figé et qui peuvent me suivre partout... Hmm... Peut-être que je leur en demande un peu trop?

Ses sandales estivales

Je sais que vous êtes la reine des belles affaires. Je n’ai pas le toupet de vous demander de nous livrer vos secrets mais avez-vous des conseils ?
Je les garde dans des placards fermés. Je n'aime pas trop les dressings ouverts où entrent la lumière, la poussière, et les mites. Les vêtements déjà portés, je les accroche sur un portant. Je ne les remets jamais directement dans les placards, sinon, au bout d'un certain temps, ça sent le vieux tissus sale. Tout ce que je peux laver file dans la machine, sur programme « lavage à la main », même lorsque l'étiquette interdit le lavage. Mais tous les tailleurs en lainage et les pièces tâchées au delà de mes compétences, je les confie à la Teinturerie du Paon, à Carouge. Les chaussures, je les garde dans leur boîte d'origine, avec leur photo collée dessus. Quant aux sacs les plus fragiles, je les bourre de papier de soie et les protège dans une pochette en tissus.

Définitivement chaussures, sacs ou bijoux ? (comme si l’on pouvait choisir !)

Le Kelly d'Hermes de sa maman qui a au moins 50 ans

Tout! Les accessoires portent mal leur nom. Ce sont pourtant les seuls trucs capables de changer complètement l'esprit d'une tenue, d'ennoblir une petite robe de rien. On devrait les rebaptiser les « essentiels », ou les « indispensables »... En plus, ils ne vous stigmatisent jamais quand vous prenez du poids... Essayez de négocier 5 kilos de plus avec une paire de jeans! Mes essentiels? Un Kelly noir qui tombe en charpie et un sac Chanel noir qui fait jour/nuit, ayant appartenu à ma mère, une paire de bottes cavalières plates, une paire de cuissardes noires à talons larges, une paire de ballerine, une paire d'escarpins de 12cm et un parfum... Le parfum, c'est l'accessoire ultime, parce qu'il est là mais on ne le voit pas.

Les boucles d'oreilles pop de sa maman

Vous avez côtoyé, interviewé en tête-à-tête un grand nombre de couturiers et designers. Êtes-vous toujours sensible à leur univers ou vous êtes devenue imperméable, par la force du temps ?
Je suis incapable d'imperméabilité. J'aimerais bien, pourtant, parfois... Lorsque je fais une demande d'interview, c'est parce que l'univers de la personne me touche. J'aime ces moments de rencontre. Parfois, il n'y a pas de rencontre d'ailleurs, juste un entretien... Mais ce n'est qu'après, quand on est parti, que l'on s'en rend compte.

Robe vintage Léonard

Qui vous a le plus marquée et pourquoi ?
C'est une question difficile! Il y a eu tellement de moments émouvants, forts, déstabilisants... Comme ma première interview de Karl Lagerfeld, par exemple. C'était en juillet 2004. J'avais 2 pages à remplir, l'interview devait avoir lieu après le défilé, or soudain on vient me dire qu'il veut partir et que j'ai 5 minutes pour lui poser mes questions. Je m'étais préparée pendant des semaines et on me donnait royalement cinq minutes! J'ai cru que j'allais m'évanouir. Je me suis plantée devant lui, je l'ai regardé intensément et avec toute la force de ma voix intérieure - l'autre était muette - je lui ai dit: «Vous devez me donner cette interview, vous devez! ». Pendant quelques minutes silencieuses, qui m'ont semblé une heure, il m'a regardée, puis il a souri et il m'a dit, « Bon, Isabelle, très bien, voyons nous à l'ombre, dans quelques minutes »... Avec Anne Valérie Hash, ce fut comme un coup de foudre instantané. On n'arrivait plus à mettre fin à la discussion. On est devenues amies. C'est simple et beau comme une histoire d'enfants... Il y a aussi Albert Kriemler, Bouchra Jarrar, avec eux, cela relève d'un apprivoisement mutuel, doux et lent... Et Dries van Noten, paraît-il assez taiseux mais que j'ai réussi à faire rire (plusieurs fois!). Son chien, qui a bon goût, avait des vues sur mon sac (pour s'y faire les dents). Ah, il y a aussi Azzedine Alaïa! Je suis arrivée rue de la Verrerie à 11h30, j'en suis repartie à 16h30. Entretemps, on avait déjeuné dans la cuisine, avec Didine son Saint Bernard grand comme un poney, je lui avais posé mes 12'000 questions (j'exagère), il avait répondu à tout, avec une telle générosité, alors qu'il était en train de créer sa nouvelle collection!... Oh, j'allais oublier Christian Lacroix!... Mais on en aurait pour des heures!...

Robe Alaïa

Vous assistez à près de 200 défilés par an. Êtes-vous toujours émue par ce spectacle ou une certaine lassitude a pris place ?
Cela dépend. Pendant la semaine du prêt-à-porter, à Paris, il y a environ 12 défilés par jour pendant environ 9 ou 10 jours. J'en vois entre 6 et 10 quotidiennement A la fin, j'avoue que je sature. Les trajets entre deux défilés sont parfois plus longs que les shows eux-mêmes. Disons que ce n'est pas aussi glamour que ce que l'on voit à la télé... Mais il y a ces moments de grâce! Ceux où on ne céderait sa place pour rien au monde... Et puis il y a la couture... Trois petits jours où l'on voit ce que l'être humain sait faire de plus beau pour en embellir un autre. On n'est plus dans la mode, là, on est dans le monde de l'artisanat d'art. Ça peut être magique....

Quelle est l’impulsion ou la motivation qui vous guide ?
Je peux sortir mon « Joker »? A mon avis, la réponse relève de la psychanalyse...

Qu’est-ce qui détermine une allure, un style ?
Je crois que cela commence avec la conscience de qui l'on est, de ce que l'on veut bien dire de soi et la manière dont on habite son corps. C'est une façon de prendre sa place dans un jeu de rôle dont on peut accepter de suivre certaines règles, les détourner (ce qui suppose qu'on les connaisse!), ou, mieux encore, choisir d'imposer les siennes. Mais avec une certaine dose d'humour et d'autodérision, sinon ça peut vite devenir ennuyeux. Ce n'est pas l'objet qui est au centre, mais la personne. Une femme comme Talitha Getty, avec ses caftans, par exemple, avait une allure unique, à contre-courant dans son milieu. Coco Chanel est la plus grande détourneuse de règles que le monde de la mode ait connu. Empruntant à droite et à gauche et surtout aux hommes qu'elle avait aimés. Elle était une grande remixeuse avant la lettre. Et cela a donné naissance à une allure folle... A l'origine d'un style, il y a toujours une personnalité forte. Les copieurs n'ont pas d'allure...

Lunettes vintage de sa maman (Balenciaga, Emmanuelle Kahn, ...)

L’élégance, c’est quoi pour vous ?
L'élégance est une notion qu'il m'est difficile de définir autrement que par l'énumération de tout ce qu'elle n'est pas... C'est quelque chose qui ne s'achète pas, qui ne s'apprend pas. On l'a, ou pas. J'en parle d'autant plus librement que je ne l'ai pas. On peut se créer un style, une allure. Mais l'élégance, c'est autre chose. C'est une manière d'être, plutôt qu'une manière de s'habiller. Même si il y a forcément adéquation entre les deux. C'est une façon d'habiter un vêtement, comme si il faisait partie de votre nature. C'est une élégance d'esprit aussi. Audrey Hepburn était élégante... En y réfléchissant, j'ai croisé assez peu de gens élégants dans ma vie... Encore que... L'élégance du coeur, ça compte double.

Isabelle éreintée à la sortie d'un défilé Jean Paul Gaultier - robe Vanessa Bruno, sac Anya Hindmarch (avec ses yeux à elle, imprimés), Blouson en cuir Gucci - photo @ Sylvie Rroche


D’une manière intéressée (et assumée !), quels sont vos produits et votre façon de faire pour entretenir votre belle chevelure ?
Ma mère, dont le père était coiffeur, avait décrété que les cheveux, c'était comme les plantes: pour qu'ils poussent en abondance et soient bien épais, il fallait les couper. Très courts. Je n'ai pas eu le droit de les laisser pousser avant l'âge de 13 ans. Ils ont été nourris depuis l'adolescence au masque au germe de blé de Kerastase. Entretemps la formule a changé, le nom aussi, je crois. J'alterne avec les shampoings et masques de la marque italienne Davines: des produits à impact zéro, qui ne font pas de mal à la Terre et beaucoup de bien à mes cheveux. Je les trouve chez mon coiffeur (Trajectoire 9 à Carouge). Et j'essaie le plus possible de les laisser sécher à l'air libre. Le séchoir porte bien son nom: ça dessèche. Mes cheveux frisent à la va-comme-je te-pousse, aussi, quand ils exagèrent, je leur met un petit coup de fer à friser pour les défriser... Et quand ils sont trop secs: un bain d'huile. J'avais rapporté un gros bidon d'huile de noix de coco Parachute, de Goa. Et quand je n'en ai plus eu, j'ai essayé le Fluide de beauté 14 de Carita (ce n'est pas le même budget...), l'huile de Magnolia de Léonor Greyl et l'huile Prodigieuse de Nuxe. Sinon, il paraît que l'huile d'argan ou d'olive font des merveilles, mais je les préfère dans les salades...

Quel voyage ! Merci infiniment, Isabelle.

* le hors-série mode que je trépigne de découvrir est dans les kiosques aujourd'hui, 4 mai.

18 commentaires:

maisquelbeautemps a dit…

Magnifique! Tant de douceur...un vrai voyage. L'histoire du chemisier YSL et le point de vue d'Isabelle Cerboneschi sur l'allure me touchent particulièrement. Merci à toutes les deux pour la qualité de la conversation. A bientôt!

Spiruline a dit…

Ne t'excuse surtout pas d'écrire de si long billet lorsque'il sont de cette qualité! J'ai dévoré cet interview. Quel beau rapport aux vêtements a cette femme et quelle chance aussi elle a eue de grandir dans un milieu qui lui a permis d'affûter son goût et son sens de la mode.

Sarah a dit…

mais quel beau temps : Quelle surprise ce matin de découvrir, que la nuit m'a laissé un comm !!! c'était une belle rencontre ;)

Spiruline : Oh "je n'ai fait que poser les questions ;) tous les écrits sont de la belle Isabelle ! Une chance, c'est vrai. C'est fascinant, non ?

isabelle a dit…

Oui quel régal!!!!!!!!! Je ne l'ai pas trouvé long, j'en aurait encore lu des pages!!!
je suis sous le charme de cette découverte! les trouvailles d'expression sont à se souvenir: "corps à géométrie variable", "dégustation verticale de Céline"... Et les vêtements: la veste de sa grand tante avec l'étiquette "Isabelle", toutes les choses qu'elle a gardé de sa maman... Et surtout la photo d'Isabelle au temps où elle était "interdite dans la boutique de sa maman".
J'adore tout.

isabelle a dit…

J'oubliais: l'histoire de l'achat du chemisier Saint Laurent est savoureuse également.... Et les B.O. de sa maman! Quel pot d'en posséder autant!
Ce qui me touche, c'est qu'Isabelle montre plus les objets de sa maman que ses achats, ils ont plus d'importance.

Flannie a dit…

Quel plaisir avec une petite tisane et un bout de gâteau ! ;-)
Par contre, pour le coup, j'ai laissé la Lulu crier, indignée dans son petit lit. Je m'en vais vite récupérer ses bonnes grâces en lui disant que c'est de ta faute ;-p
Plein de bises

PS: Plein de bises à toi aussi ISABELLE !

jicky a dit…

très joli portrait... et vous avez les cheveux en commun! Cerboneschi... serait-elle d'origine péninsulaire??

Sarah a dit…

Isabelle : Oui ses expressions sont poétiques, sortent de l'ordinaire. Je te garde le hors-série (mais tu peux lire sur le lien hors série) tu comprendras...
Et oui, c'est ce qui m'a touché, on est loin de la conso facile, rapide, vite avalé vite oubliée. Cette histoire familiale entre les femmes de sa famille, tout est précieux. elle a le sens du détail, aime le beau. tu le sais , je t'en ai souvent parlé, cette rencontre de quelques heures étaient l'une des plus jolies et des plus inoubliables... Je voudrais bien que tu la rencontres (euh... en août tu viendrais pas quelqeus jours ? hein ?)
et merci de me dire que tu aurais pu lire Isabelle sur des pages et des pages, j'ai le même sentiment... mais je sais que sur la blogo ce genre de post passe sous silence, trop long, rien que l'on puisse acheter vite fait au temple d'à côté ;) Merci ♥

Flannie : Je suis ravie que tu te sois régalée (au propre comme au figuré ♥). et cette princesse Lulu, bah... elle oubliera vite ;)

Jicky : Oui, effectivement elle a des origines péninsulaires. De loin les cheveux, les siens sont mille fois plus beaux 8je songe à couper très court les miens !!!).
toi qui aimes l'élégance, je pense que as dû apprécier les goûts d'Isabelle...

maisquelbeautemps a dit…

sarah re-bonjour, juste te dire que j'ai relu ton article dans la journée au boulot... plaisir plaisir...bulle bienfaisante... apaisante et inspirante...
tu sais, je suis toute nouvelle "active" sur la "blogo" (donc je n'y connaîs pas grand chose voire rien du tout, moi, aux "codes" de bloggueuses) mais je voulais juste te dire: ce que je cherche et apprécie particulièrement, c'est justement ce temps, cette pause, tout l'inverse d'une virée shopping prémachée ou d'un festival du "ouah trop belle"... des "vrais gens" derrière l'écran, avec une envie de partager des trucs...
du coup, ton article de cette nuit (oui, j'ai fait l'insomnie...), je l'ai apprécié comme...un bon shortbread tombé du ciel ;D

marigaz a dit…

Très jolie rencontre !
J'ai savouré comme d'autres l'achat du chemisier Saint-Laurent :)

Léa a dit…

Bonjour !
Alors rien a voir avec l'article... Mais j'ai vu que tu avais posté un commentaire sur le blog d'Ithaa, lui demandant conseils a propos de ces cheveux, et disant que tu étais a 2 doigts de couper tes cheveux courts !
Aargh, tes cheveux sont magnifiques ! Moi aussi j'ai les cheveux bouclés et j'ai découvert ce site :
www.naturallycurly.com qui encense les cheveux bouclés, avec plein de conseils, astuces et une boutique en ligne qui vend bien sur des produits sans sulfate ou silicones qui sont tres mauvais pour les cheveux bouclés. Ce site est inspiré d'une méthode spécifique de soin reservée aux cheveux bouclés/ondulés/crêpus/frisés, nommée "curly girl method" mise en place par Lorraine Massey et Deborah Chiel. Bref, je fais pas du tout de pub, juste j'ai decouvert ce site et mes cheveux revivent !

M1 a dit…

J'adore ! Une extraordinaire vision de la mode... comme outil d'expression, et donc langage ! et là, je dois dire, que beaucoup de blogueuses mode font des fautes d’orthographe rien qu'avec leurs looks ; )
Ps : Le Temps, je connais, le temps hors-série, je gagnerai à connaitre :)
Ps2 : commencer 2011, il était temps ; )

Anonyme a dit…

Quelle femme, quel interview magnifique et quel bonheur que tu nous l'offres ainsi, en entier, comme si nous partagions également votre conversation.
Les adresses genevoises d'Isabelle, je les aime tant. De Marisa co Flair (je te la présente à ton prochain passage, une encyclopédie du vêtement vintage!) à la teinturerie du Paon (la perfection, tenu par des dames âgées, si respectueuses de leur métier), en passant par les soldes d'hiver co Anita Smaga (le Nirvana).
Un grand merci à vous 2 et baisers,
Lili

agathine a dit…

Merci pour cette superbe interview. Je connais un peu Isabelle et je dois dire que tu as très bien su rendre son enthousiasme et sa douceur énergique à travers cet article.
Et je suis ravie d'en apprendre d'avantage sur elle!
J'aime la façon qu'elle a de travailler au coup de coeur, sentimentalement en quelque sorte.
J'ai eu la chance de travailler un peu pour elle et c'était une très belle expérience, très enrichissante.
Bref, merci!

Sarah a dit…

maisquelbeautemps : tu sais, j'ai lu un nombre de fois incroyables, les réponses d'isabelle. Et à chque fois, je retiens quelque chose en plus.
et tu sais, les codes, les règles n'ont jamais été mon "truc" !!!

lea : Merci beaucoup pour tes infos... Je vias regarder ça de très près!

M1 : Je suis toujours ébahie par l'étendue de tes connaissances. Tu connais le temps alors que tu vis sur le continent africain. Hum... dis.moi, tu ne viendrais pas en Suisse et tu n'en dis rien ?

Lili : Je ne suis pas étonnée que tu connaisses et apprécies les adresses d'Isabelle. De chez moi (un autre pays le Valais !!!) je ne les connais pas mais je vous fais confiance, les yeux fermés.

Agathine : Bienvenue... Merci pour ton gentil mot et ton lien sur ton blog. ♥

M1 a dit…

@ Sarah : je ne suis qu'un saltimbanque qui s'informe un peu partout :)
Le Temps, 20minutes.ch et le journal de TSR font partie de mes vadrouilles informatives ;)
Quand je vais en suisse, c'est juste pour déposer mes petites économies que le méchant fisc veut me sucrer :) #GodSaveLaSuisse

mmarie a dit…

Enfin j'ai pris le temps de lire cette belle rencontre. Merci Sarah !

Sarah a dit…

M1 : ça change tout si t'as des sous !!!!!! ;)))

mmarie : Merci et j'espère que ça t'a plu ;)