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lundi 1 octobre 2012

Les yeux et les lèvres chez Guy Laroche et Rochas


La bande-son de l'été 2013 pourrait être, et pardonnez mes références populaires, "Femmes je vous aime" de Julien Clerc. Mercredi dernier, deuxième jour de la Fashion Week parisienne, chez Guy Laroche et Rochas, deux visions de la Femme. Une seule ode, la féminité libérée.


Chez Guy Laroche, elle est sophistiquée, sensuelle et mystérieuse. La chevelure crantée tombe sur le côté, le regard est charbonneux, les décolletés de face ou de dos riment avec élégance et érotisme contenu. 


Chez Rochas, elle est joyeuse et libre. Sans minauderies.


Les lunettes rondes attestent sa gaieté, un bandeau qui tombe en visière, de grosses fleurs dans les cheveux qui entonnent de la coquetterie étudiée plutôt qu'un laisser-aller  peace and love, une queue de cheval basse et lâche.


La bouche, comme un coquelicot épanoui.



mardi 25 septembre 2012

Un sweat Zoe Karssen comme doudou



Hier une copine m'écrivait "faut toujours que je râle c'est mon côté français"... Au début j'ai souri, puis je me suis rapellée de ma journée à "piailler"car je pars pour la Fashion Week.....

- j'ai rien à me mettre. Du Isabel Marant mais il faudrait les fringues pas encore sorties, du Maje, du Sandro, du.... pffff trop banal... De l'exceptionnel ou du vintagede malade ou comme moi, du passe-partout. Ce sweat, Zoé Karssen, gris d'amour qui même à Genève (!!!) fait sensation (!!!) ne sera qu'une misérable pelure... 
- je vais courir comme une folle. En talons c'est l'enfer terrestre. Colère, plus les Nike/APC - pleurs - me suis rabattue sur des...Veja... J'en pouvais plus des New Balance. Là je commence à regretter.
- les soirées où tu y vas seule, c'est un enfer. En mars dernier, magnifique soirée dans une ambassade (je crois), toutes les personnes en vue (les russes (pas le temps de chercher leur noms, celles qui sont photographiées par une cour, Carolina Issa, même Nicole Kidmann... Et moi, perdue, une coupe à la main, habillée comme une vitre, d'ailleurs j'étais une vitre transparente au milieu des Heeeey... A 20h55 j'ai foncé chez Monop et j'ai fini sur mon lit avec une salade de carottes...
- Une fois j'ai dormi dans la chambre voisine  de deux lapins excités comme des puces qui s'en sont donné à coeur joie des HEEEUUUUREEEES. A 4 heures du matin, pour couvrir le bruit, j'ai lavé mes cheveux. Il faut des heures pour qu'ils sèchent. J'ai dormi. Assise. Je ne vous dis pas ma tête au petit matin. (j'ai bien regardé qui étaient la tigresse et le lion. Ch'sais pas si c'était l'effet du Viagra, mais bien 60 ans les cocos... )
- c'est jamais le bon moment, mon petitt a plein d'examens, il est dyslexique et je le materne un peu trop. Tristesse.
- je suis moche, grosse (plus de 55 kilos pour mon mètre 74, c'est grosse), vieille (acide hyalorunique et cie sont légion.)
- j'avais payé un sac, grand en cuir noir, ben.... je ne l'ai pas reçu 8 jours après le paiement.... suis énervée mais énervée.... Vais prendre un tote bag en coton ;(
- j'ai eu la bonne idée de me couper les cheveux et de faire une colo maison. Mon grand m'appelle "poil de carotte"....


Et donc en lisant les mots de l'email de ma copine, je me suis dit que héééé hooo, j'allais prendre l'air ailleurs, m'en mettre plein les yeux dans les défilés, toucher des tissus dans les showrooms, inspirer, m'inspirer, mirer des vitrines que je ne vois JAMAIS chez moi, aller chez Monop (gros délire, pas le temps de faire du shopping - euh.... les boutiques Isabel Marant et Jérôme Dreyfuss sont juste à côté de mon hôtel... pas de ma faute, c'est ma rédac chef qui l'a choisi), je vais revoir des copines, rencontrer de nouvelles avec qui l'on papote par email depuis longtemps, et j'y vais pour travailler, pour ramener des idées pour des articles, ...
 

jeudi 8 mars 2012

Louis Vuitton sur les rails du passé


Hier, hier.... Hier, les amis, sur le coup de 10 heures précises, le carré du Louvre, transformé en hall de gare par Marc Jabobs pour Louis Vuitton a été le théâtre d'un voyage époustouflant, surréaliste, émouvant. De la vapeur, un bruit de train et une locomotive ancienne, bleue nuit, estampillée Louis Vuitton s'est avancée avec lenteur sur des rails.


A l'intérieur, une nuée de mannequins portant un chapeau haut, un peu cabossé, certaines avec des lunettes oversize, étaient assises, droites et élégantes. Ambiance début du 20 ème siècle. Les filles sortaient une à une sur le marche-pied, chacune attendue galamment par un groom portant des bagages. Le savoir-faire du malletier mis en valeur dans des sacs ou valisettes superbes dont des boîtes à chapeau qui redonnaient des désirs d'antan. En musique de fond des bruits de pas résonnaient, en écho au décor. L'ambiance était magique et irréelle.


Magnétisée par la splendeur du show, hypnotisée par les tenues, bouche bée, j'ai dégusté les silhouettes en A, les manteaux queue-de-pie réinterprétés, les tissus lourds, brodés, strassés, les pantalons cigarettes sous de longues tuniques... Un passé revisité dans des tons sombres, nude, une touche de moutarde ou de violet....


Une féerie absolue .... Je me disais, après coup, que le passé même s'il est derrière nous, demeure notre ADN. Tout contemporain qu'est Marc Jacobs c'est bien dans le passé de la maison Vuitton qu'il puise son inspiration. Avancer sans oublier avec une nostalgie sans aucune pointe de regret ou de tristesse.   


Quelques heures plus tard, seule sur une terrasse, la tête encore pleine de ce défilé extraordinaire, j'ai fait le point sur ces trois jours parisiens. J'ai voyagé de lieux en lieux mais surtout de femmes en femmes. Des rendez-vous organisés ou inopinés, des filles connues ou des copines, j'ai vécu des moments forts et surprenants... Chez Toraya, la pâtisserie japonaise,  j'ai passé une heure délicieuse, les papilles et le coeur à l'unisson. Au Fumoir, un rendez-vous sans chichis mais sincère, rue Rivoli une soirée enivrée, et dans St-Germain un moment matinal formidable.


Hasard incroyable, alors que dans mon dernier billet j'évoquais les filles stylées. Dans un café anonyme, près du Louvre, ma voisine était Elisa Nalin, adorable et toujours souriante. 

dimanche 4 mars 2012

Comme une plume pour la Fashion week de Paris (mais pas comme une fleur)

Bracelet-manchette Baies d'Erelle

S'il y en a bien une nulle en bouclage de valise, c'est moi.... Pour 10 ou 15 jours, ça va, je gère (j'emmène la maison). Pour une poignée de jours, c'est la galère.... Va-t-il pleuvoir, faire froid ou au contraire doux (week-end dernier arrivée en parka dans un Milan très printanier - alors que j'ai prévu un perfecto et deux blazers pour mon départ demain, ma super red en chef vient de m'annoncer qu'il fait froid à Paris). Pour la Fashion week, c'est carrément l'horreur...

Photo Erin Wasson par Hanneli

Bien souvent, lorsque je ne sais pas ou que je n'aime pas m'atteler à une tâche, je renie le problème... Dans ce cas, précisément, je balance n'importe quoi dans la valise. Certaines font des essais, réfléchissent, pas moi... Résultat, suis toujours complètement à côté de la plaque... A la Fashion Week, la complainte "je n'ai rien à me mettre" se vérifie. 


la fille super stylée ose la basket, elle est cool alors que sur toi, ça fait juste déplacé en ces lieux.

Photo Jak & Jil

la fille super stylée mélange tel un peintre les couleurs et/ou des variations infinies d' imprimés et n'a pas l'air d'une dinde

Photo Eléonora Carisi - Joujou Villeroy

la fille super stylée n'a jamais l'air ridicule même si pour rien au monde tu ne porterais ce qu'elle a sur le dos


la fille super stylée sait concocter et mixer des détails qui parachèvent une allure



la fille super stylée dandine, gracieuse, sur des chaussures dingues comme si elle effleurait le sol (pas toujours hein, il y a des démarches hasardeuses devant les défilés)


la fille super stylée n'a qu'un truc riquiqui à la main alors que toi tu trimballes 3 kilos à bout de bras


Photo tumblr Street Style

la fille super stylée a une "geule" mais le plus souvent est gracile et ravissante (et jeune et mince)

Photo Nam de Streetfsn

la fille super stylée est parfaite. Qu'elle pose ou qu'elle soit en mouvement.


la fille super stylée se respire  10 mètres à la ronde (ici Anna Dello Russo face aux streetsylers)... un essaim de blogueurs s'aglutine autour d'elle (Milan a eu raison de mes envies de photos tant les blogueurs étaient nombreux.)


la fille super stylée porte de l'introuvable pour le commun des mortels (Susie Bubble en Marni for H&;M - sortie jeudi 8 mars !!!)

mardi 28 février 2012

Milan en couleurs


Sans invitation, mais avec une confirmation par mail qui ne suffisait pas pour entrer chez Emilio Pucci, déboutée, j'ai vadrouillé dans les rues attenantes. Une cerise dans une vitrine Louis Vuitton. Solitaire, immense. En rouge laqué.


Cette griotte géante était l'incarnation de mon sentiment : les défilés, la fashion week et son cirque sont la cerise sur le gâteau. Même s'il faut courir d'un wagon de métro à l'autre, visiter les showrooms, traverser la place du Dôme milanais en liesse carnavalesque (et éviter qu'un blazer blanc ne se trouve sur le chemin d'un jet de bombe vert fluo), je suis à chaque fois aussi ébahie qu'une gamine.


Voir, regarder, repérer, s'inspirer, la rue, les invités, le spectacle. Des bouffées d'air. Les entrées aux défilés sur des trottoirs étroits, couverts de nuées de blogueurs démultipliés chaque année ont eu raison de mes envies de photos.





Quelques éclats colorés (le pastel me lasse déjà, ou alors il faudrait qu'il soit dilué, presque effacé) ont focalisé mon regard. Une pointe de vert (ici Jil Sander) ou du rouge ...


Même mon adorable et attentionné confrère, Stéphane Bonvin,  aguerri aux défilés s'en était paré le cou.



mardi 21 février 2012

Voyage voyage...


L'un de mes parfums, Voyage d'Hermès, dont je m'embaume au quotidien depuis sa sortie. Ici ou là, je vous en touchais un mot. J'avais un petit reproche à lui faire : son manque de ténacité. Jean-Claude Ellena, le célèbre "nez", lui a redonné un corps plus prononcé. Il reste présent plus longtemps sans pour autant importuner indélicatement son entourage. Le flacon-loupe a muté en noir. L'objet est beau et pratique. facile à emmener en Voyage...

Une transition facile pour vous bécoter... Je suis sur le départ....

lundi 10 octobre 2011

Par procuration - (Chemises)

Backstage Peter Jensen
Très (trop) souvent, j'entends "mais tu n'en as pas marre des blogs ? toujours pareil - raz-le-bol de ces photos de fringues offertes etc etc....". Après cinq/six ans de visites quotidiennes sur la blogosphère, trois ans à tenir le mien, on pourrait l'imaginer.

Garance Doré - Défilé Burberry S/S 2012 - Londres
Et bien ! Pas du tout. Bien au contraire. Le mot "procuration" dans le titre de ce billet n'a aucune connotation subjective. 

Phoebe Philo - Défilé Celine S/S 2012 - Paris


lundi 7 mars 2011

Paris fashion

Paris c'était Marant




Prions que nous n'ayons à subir de la botte blanche de pouffe chez toutes les grandes enseignes, l'hiver prochain...

 Défilé Isabel Marant hiver 2012


Paris ce n'était pas L'enfer (...Kate Lanphear - je sais, un peu facile !)


Non, Paris fut bon... le retour un peu moins...

lundi 10 janvier 2011

Offensive fluo

Elisa Nalin

C'est absolument dingue comme nos yeux s'adaptent. Cette photo, je l'ai prise à la Fashion Week parisienne de l'automne dernier. C'était avant le défilé Isabel Marant, il pleuvait et cette fille, Elisa Nalin, irradiait avec son sac Chanel jaune citron.

Mélangé à un blazer rose. Quand même ! J'ai flashé sur le style de cette jeune femme. J'admirais son panache, son aisance et son absence de crainte. Petit à petit, l'oiseau fait son nid... Nous étions début octobre. Dès tout bientôt, le fluo et le mix des couleurs improbables seront nos stabylos printaniers.

Pareil pour la robe orange/corail vitaminée de Vika Gazinskaya. Ca ne pouvait qu'émerger de la douce folie d'une designer fashion. Absolument irréaliste sur une personne lambda. Et pourtant...

mardi 5 octobre 2010

Une vision de la Fashion Week

Final du défilé Vivienne Westwood

Dans le fond vraiment, sans contrefaçons, quelles sensations éprouve-t-on à la vue de ce bal des apparats ? De vous à moi, les sentiments sont ambigus mais certainement pas indifférents.

Vivienne Westwood et sa mariée

La quintessence a été d'assister à mon premier défilé assise, en compagnie de ma comparse à l'oeil professionnel acéré. La tension, l'attente, les mouvements, les visages connus ou célèbres (Frédéric Beigbeder, oui, l'écrivain/journaliste au menton en galoche a une allure folle. Un vrai tombeur), les tenues des invités toutes plus fabuleuses les unes que les autres (du hideux parfois, voulu souvent) et le défilé, bien entendu. Même si les photos sont publiées sur le net dans les heures, vivre en direct ces moments est un vrai, vrai plaisir. Je me suis franchement régalée. Apercevoir Vivienne Westwood, émue, chaloupant sur l'interminable catwalk était magique.


Par contre le show des entrées et sorties des défilés est une mise en scène totalement déshumanisée. Les visages délibérément fermés, les regards durs (d'où mon affection pour Anna Dello Russo qui semble s'amuser sincèrement). Ces filles qui peinent à poser un pied devant l'autre tant leurs talons sont vertigineux, la maigreur surnaturelle (Kate Lanphear mis à part. Elle semble saine et "normale". Elle est fluette, c'est tout !), la vanité, le dédain (inversement proportionnel à leur aura), la suffisance. Tout cela nous a laissées pantoises. C'était la première expérience pour mes trois fabuleuses girls. Béné, notre pigeon voyageur, a invoqué cette métaphore : "on se croirait dans un safari à guetter le lion" !

Franca Sozzani - Vogue Italie

Grace Coddington - Vogue US

Kate Lanphear toujours aussi rock avec sa veste au cuir élimé - Elle US

Stéphane Bonvin - Le Temps (suisse)

Zabou pensait qu'après les restes alcoolisés de la veille, les 10 kilomètres de marche, les trombes d'eau tombées sur nos têtes, nous serions des, je cite, "morues poisseuses". Elle a vite compris que nous n'étions ni des thons, ni des sirènes. Nous étions invisibles, simplement. L'occasion rêvée d'être une mouche espionne, d'observer sans être vue, avec du recul, On se rend compte instantanément que nous regardons une pièce de théâtre sans interaction possible. Un spectacle tantôt comique, tantôt effarant et toujours stupéfiant.

Après défilé Margiela

Avant défilé Celine

MAIS, pour qui aime les matières majestueuses comme Anaïk, les chaussures hallucinantes, les sacs, les coupes, les détails, les looks des étudiants en style. Pour qui connaît quelque peu la mode, ce sont des moments exceptionnels. Jamais, ô grand jamais, nous n'avons une autre occasion de mirer autant de splendeurs, d'entrevoir ces rédactrices ou stylistes qu'on admire pour leur travail.

Avant défilé Isabel Marant

Avant défilé Céline

C'est un tournis d'effervescence qu'il faut regarder pour ce qu'il est : un banquet. Se mettre sous la dent des images, rentrer chez soi, savourer les restes de ce repas vite avalé et apprécier la nôtre, de nourriture. Celle qu'on a mijotée et mitonnée depuis des années : notre petite vie toute simple mais néanmoins exceptionnelle !


En attendant, Paris et l'une ou l'autre de ses Fashion Weeks sont un point de rencontre pour mes trois Françaises, ma Belge et moi. Nous avons bu, parlé, ri, mangé, vadrouillé dans les rues sans même évoquer nos blogs ! C'était une vraie rencontre qui n'aurait jamais eu lieu sans nos sites de...mode !

L'effet de la Fashion Week parisienne : une étoile filante...


Saurez-vous trouver les deux intruses perdues aux Tuileries ?