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mardi 5 octobre 2010

Une vision de la Fashion Week

Final du défilé Vivienne Westwood

Dans le fond vraiment, sans contrefaçons, quelles sensations éprouve-t-on à la vue de ce bal des apparats ? De vous à moi, les sentiments sont ambigus mais certainement pas indifférents.

Vivienne Westwood et sa mariée

La quintessence a été d'assister à mon premier défilé assise, en compagnie de ma comparse à l'oeil professionnel acéré. La tension, l'attente, les mouvements, les visages connus ou célèbres (Frédéric Beigbeder, oui, l'écrivain/journaliste au menton en galoche a une allure folle. Un vrai tombeur), les tenues des invités toutes plus fabuleuses les unes que les autres (du hideux parfois, voulu souvent) et le défilé, bien entendu. Même si les photos sont publiées sur le net dans les heures, vivre en direct ces moments est un vrai, vrai plaisir. Je me suis franchement régalée. Apercevoir Vivienne Westwood, émue, chaloupant sur l'interminable catwalk était magique.


Par contre le show des entrées et sorties des défilés est une mise en scène totalement déshumanisée. Les visages délibérément fermés, les regards durs (d'où mon affection pour Anna Dello Russo qui semble s'amuser sincèrement). Ces filles qui peinent à poser un pied devant l'autre tant leurs talons sont vertigineux, la maigreur surnaturelle (Kate Lanphear mis à part. Elle semble saine et "normale". Elle est fluette, c'est tout !), la vanité, le dédain (inversement proportionnel à leur aura), la suffisance. Tout cela nous a laissées pantoises. C'était la première expérience pour mes trois fabuleuses girls. Béné, notre pigeon voyageur, a invoqué cette métaphore : "on se croirait dans un safari à guetter le lion" !

Franca Sozzani - Vogue Italie

Grace Coddington - Vogue US

Kate Lanphear toujours aussi rock avec sa veste au cuir élimé - Elle US

Stéphane Bonvin - Le Temps (suisse)

Zabou pensait qu'après les restes alcoolisés de la veille, les 10 kilomètres de marche, les trombes d'eau tombées sur nos têtes, nous serions des, je cite, "morues poisseuses". Elle a vite compris que nous n'étions ni des thons, ni des sirènes. Nous étions invisibles, simplement. L'occasion rêvée d'être une mouche espionne, d'observer sans être vue, avec du recul, On se rend compte instantanément que nous regardons une pièce de théâtre sans interaction possible. Un spectacle tantôt comique, tantôt effarant et toujours stupéfiant.

Après défilé Margiela

Avant défilé Celine

MAIS, pour qui aime les matières majestueuses comme Anaïk, les chaussures hallucinantes, les sacs, les coupes, les détails, les looks des étudiants en style. Pour qui connaît quelque peu la mode, ce sont des moments exceptionnels. Jamais, ô grand jamais, nous n'avons une autre occasion de mirer autant de splendeurs, d'entrevoir ces rédactrices ou stylistes qu'on admire pour leur travail.

Avant défilé Isabel Marant

Avant défilé Céline

C'est un tournis d'effervescence qu'il faut regarder pour ce qu'il est : un banquet. Se mettre sous la dent des images, rentrer chez soi, savourer les restes de ce repas vite avalé et apprécier la nôtre, de nourriture. Celle qu'on a mijotée et mitonnée depuis des années : notre petite vie toute simple mais néanmoins exceptionnelle !


En attendant, Paris et l'une ou l'autre de ses Fashion Weeks sont un point de rencontre pour mes trois Françaises, ma Belge et moi. Nous avons bu, parlé, ri, mangé, vadrouillé dans les rues sans même évoquer nos blogs ! C'était une vraie rencontre qui n'aurait jamais eu lieu sans nos sites de...mode !

L'effet de la Fashion Week parisienne : une étoile filante...


Saurez-vous trouver les deux intruses perdues aux Tuileries ?