jeudi 14 octobre 2010

En rase campagne


Je vis dans un no man's land modeux. Ici, dans cette charmante région, il faut choisir entre ringardise et snobisme insipide. Mon coeur n'a jamais réussi à se décider !

Vous me direz, internet tout ça, à portée de clic. Rien ne vaut la palpation des matières et les essayages in situ. Il faut donc ruser autour des basiques. Ces sandales en bois, Valérie Salacroux, sont l'un des mes meilleurs achats de l'année. Depuis mars que je les marie aux jeans, shorts, robes, collants, pieds nus ou enchaussettée. D'un confort rare (podomètre en poche, 18 kilomètres dans Paris lors de la FW, sans l'ombre d'une douleur). Autour de cette paire de chaussures, une variation des possibles infinie ...


Autre emplette qui me sort du quotidien de mes rues, cette queue de pie Circus and Co. J'avoue l'avoir peu portée, mais je crois à son potentiel hors-mode donc ... toujours à la mode... Un grand critère lorsque l'on vit éloigné des lieux du crime fashion. Choisir de l'intemporel original...

Bracelet en cuir rouge Babeth - Kapagande

Loin des centres engorgés de tentations, il nous faut ruser de petits stratagèmes pour ne pas être complètement larguée ou simplement par affection des vêtements et autres atours. Le petit détail introuvable ici, garder l'oeil ouvert sur les blogs, les magazines et surtout dans les rues des capitales.

Je ne vous l'ai pas dit, boire un café sur les terrasses parisiennes est plus délicieux encore que le shopping. Bon, faut pas exagérer, non plus. Mais disons que la plaisir de regarder les femmes défiler reste jubilatoire !


P.S Ne voyez pas une nouvelle pose photographique de la BM ! La vérité est moins glamour !

Veste Circus and Co
Pull Sandro
Jeans H & M
Chaussettes Monoprix
Bracelets Kapagande - Dinh Van - Merci - Lucky Team
Collier COS
Vernis OPI - Collection Swiss "Color so hot it Berns"

jeudi 7 octobre 2010

Admirer sans défaillir

Cliquer sur la photo pour l'agrandir !

Il y a quelque temps, alors que je parlais d'elle, les yeux pétillants, les verbes et les adjectifs trop lents par rapport à mon esprit qui s'emballait, une personne me dit "c'est pathétique l'admiration". Le (gros) mot était lâché : ADMIRATION. Comme s'il était dévalorisant, désuet, ringard, impudique ou que sais-je d'être émerveillé par un être humain. Dans l'admiration il n'y a ni vénération, ni idolâtrie. C'est une forme d'estime bienveillante.

Une opportunité m'a été offerte de travailler et de côtoyer cette femme, que je suis donc, depuis sa période Canal +. Au contact tangible de la personne admirée, on ne se retrouve pas pantelant, elle ne perd rien de sa superbe. D'autant que la réalité dépassait mes projections imaginaires. En vrai, elle est encore mieux que ce que je m'étais créée comme image.

Dire que je me reconnais en Sophie Fontanel serait d'une prétention inconcevable. Mais ce qu'elle publie, je le ressens, en vrai, à l'intérieur. Ces écrits sont un porte-parole de mes émotions. Et sa personnalité touchante et humble malgré son statut sont une sacrée leçon de vie.

Sophie n'est plus une image, c'est quelqu'un avec qui je tâtonne, parce que la familiarité n'est pas à l'ordre du jour. Les prémices de l'apprivoisement et la retenue me demandent du contrôle, moi la spontanée qui ne réfléchis pas assez avant de parler. Si vous saviez ce que j'ai osé lui dire ! Elle sait tellement mettre à l'aise la personne en face d'elle qu'on a la sensation d'être avec une amie.

Il y a dans nos échanges de la gêne et de la tendresse (c'est mon ressenti, hein !). J'ai l'impression d'être un nouveau-né qui regarde une adulte qu'il aime sans savoir ni comprendre pourquoi. D'une manière innée.

Je repense souvent à l'aigreur de cette femme qui parlait de pathétisme, à Sophie qui est son parfait opposé et je me dis qu'admirer est une flamme qui ne vacille pas. Au contraire, elle dissémine un peu de sa lumière. Un phare qui brille au loin et qui montre le chemin.

Je n'en reviens toujours pas de la belle personne qu'elle est !

P.S La photo est une interview que j'ai faite pour le quotidien de ma région, Le Nouvelliste (journal dont les pages mortuaires avaient inspiré une oeuvre, Les Suisses morts, à Christian Boltanski.).

mardi 5 octobre 2010

Une vision de la Fashion Week

Final du défilé Vivienne Westwood

Dans le fond vraiment, sans contrefaçons, quelles sensations éprouve-t-on à la vue de ce bal des apparats ? De vous à moi, les sentiments sont ambigus mais certainement pas indifférents.

Vivienne Westwood et sa mariée

La quintessence a été d'assister à mon premier défilé assise, en compagnie de ma comparse à l'oeil professionnel acéré. La tension, l'attente, les mouvements, les visages connus ou célèbres (Frédéric Beigbeder, oui, l'écrivain/journaliste au menton en galoche a une allure folle. Un vrai tombeur), les tenues des invités toutes plus fabuleuses les unes que les autres (du hideux parfois, voulu souvent) et le défilé, bien entendu. Même si les photos sont publiées sur le net dans les heures, vivre en direct ces moments est un vrai, vrai plaisir. Je me suis franchement régalée. Apercevoir Vivienne Westwood, émue, chaloupant sur l'interminable catwalk était magique.


Par contre le show des entrées et sorties des défilés est une mise en scène totalement déshumanisée. Les visages délibérément fermés, les regards durs (d'où mon affection pour Anna Dello Russo qui semble s'amuser sincèrement). Ces filles qui peinent à poser un pied devant l'autre tant leurs talons sont vertigineux, la maigreur surnaturelle (Kate Lanphear mis à part. Elle semble saine et "normale". Elle est fluette, c'est tout !), la vanité, le dédain (inversement proportionnel à leur aura), la suffisance. Tout cela nous a laissées pantoises. C'était la première expérience pour mes trois fabuleuses girls. Béné, notre pigeon voyageur, a invoqué cette métaphore : "on se croirait dans un safari à guetter le lion" !

Franca Sozzani - Vogue Italie

Grace Coddington - Vogue US

Kate Lanphear toujours aussi rock avec sa veste au cuir élimé - Elle US

Stéphane Bonvin - Le Temps (suisse)

Zabou pensait qu'après les restes alcoolisés de la veille, les 10 kilomètres de marche, les trombes d'eau tombées sur nos têtes, nous serions des, je cite, "morues poisseuses". Elle a vite compris que nous n'étions ni des thons, ni des sirènes. Nous étions invisibles, simplement. L'occasion rêvée d'être une mouche espionne, d'observer sans être vue, avec du recul, On se rend compte instantanément que nous regardons une pièce de théâtre sans interaction possible. Un spectacle tantôt comique, tantôt effarant et toujours stupéfiant.

Après défilé Margiela

Avant défilé Celine

MAIS, pour qui aime les matières majestueuses comme Anaïk, les chaussures hallucinantes, les sacs, les coupes, les détails, les looks des étudiants en style. Pour qui connaît quelque peu la mode, ce sont des moments exceptionnels. Jamais, ô grand jamais, nous n'avons une autre occasion de mirer autant de splendeurs, d'entrevoir ces rédactrices ou stylistes qu'on admire pour leur travail.

Avant défilé Isabel Marant

Avant défilé Céline

C'est un tournis d'effervescence qu'il faut regarder pour ce qu'il est : un banquet. Se mettre sous la dent des images, rentrer chez soi, savourer les restes de ce repas vite avalé et apprécier la nôtre, de nourriture. Celle qu'on a mijotée et mitonnée depuis des années : notre petite vie toute simple mais néanmoins exceptionnelle !


En attendant, Paris et l'une ou l'autre de ses Fashion Weeks sont un point de rencontre pour mes trois Françaises, ma Belge et moi. Nous avons bu, parlé, ri, mangé, vadrouillé dans les rues sans même évoquer nos blogs ! C'était une vraie rencontre qui n'aurait jamais eu lieu sans nos sites de...mode !

L'effet de la Fashion Week parisienne : une étoile filante...


Saurez-vous trouver les deux intruses perdues aux Tuileries ?

lundi 4 octobre 2010

Le spectacle de la Fashion Week parisienne


Pour qui doute du spectacle hors normes de la mode, il faut assister aux arrivées d'Anna Dello Russo. Chacune de ses apparitions est un enchantement irréel. Elle s'amuse dans ces lieux où les sourires sont rares...


Elle se laisse approcher par les street stylers, les journalistes, joue de ses poses... Ici avec la star des blogueurs, Mister Sartorialist...


Elle détonne, solaire, au milieu des starlettes inconnues pour qui snobisme et dédain sont légion. Anna Dello Russo est, sans conteste, la valeur ajoutée de la Fashion Week. 


Somptueuse, en total-look Celine. Sa minceur met sacrément en valeur les vêtements. Mais, honnêtement, avec du Celine sur le dos, toutes les femmes présentes étaient d'une élégance folle.


La nature reprend ses droits, vendredi après-midi. Carine Roitfeld, concentrée sur les pavés glissants. Ouf ! Un peu de normalité ! La pluie, généreuse, ne choisit pas ses victimes...


La gracile Taylor Tomasi donne envie de nous teindre en rousse.


Dans ce monde hors du monde, nous sommes spectatrices d'une représentation du paraître. C'est amusant, c'est drôle mais qu'est-ce que j'étais heureuse, hier au soir, quand le contrôleur a annoncé : prochain arrêt SION.