samedi 30 janvier 2010

L'Autre Dimension


Il y a quelque temps que je voulais vous présenter Pierre, pour "Un homme, un style". C'était sans compter sur les aléas de la vie. Quand je lui ai demandé de pouvoir utiliser une de ses photos, il m'a dit "mais viens à l'atelier"...


J'ai toujours aimé les ateliers d'artiste. Les objets banals deviennent vivants, chaque pinceau, chaque goutte de peinture, un fusain, des pigments et un monde s'offre à nous...

Mur de sa terrasse, tapissé de pages de mags féminins

Probablement que je pourrais chanter j'aurais voulu être un artiste. Je n'en suis pas une. Mais ça ne m'empêche pas d'être bousculée par ce qui se passe, en regardant une oeuvre. Plus encore hier, dans l'intimité de son atelier que, généreusement, il ouvre à tous. Etre dans ce lieu, échanger, écouter, regarder, imaginer m'a replongée devant l'utilité de l'art. Des souffrances, des exutoires, de la beauté, de l'abstrait, du sens caché.


Et Pierre pris d'une logorrhée due à une nuit d'ivresse, raconte, s'insurge, se questionne... J'écoute, je photographie, je furète, je découvre et je comprends que vivre en surface serait être emmurée vivante.




Nous nous quittons devant un paysage immaculé et sublime. L'art et les artistes, les excès, nous ouvre à une autre dimension. La vie a une signification...
En cliquant ici, vous pourrez découvrir un peu plus Pierre Zufferey, artiste valaisan.

jeudi 28 janvier 2010

Une solution pour les réfractaires



Mais... pourquoi cette photo ?

J'ai essayé par tous les moyens de maîtriser mes récalcitrants, gros derrière et ses copains, les jambons. J'ai susurré des mots doux, tenté de les amadouer "ça va aller les loulous, elle sont pas méchantes les vendeuses. Du 40 c'est pas la mer à boire". Non mais le comble ! Je m'en accommode, la rébellion ne viendrait pas d'eux, tout de même.

Premier essai...

- Ça taille petit, madame... (ça démarrait super mal)

- Je vais essayer quand même.


Je passe outre la séance de torture, pour arriver à la conclusion que oui, c'était trop petit. Dans ce cas-là, tu biaises, tu inventes une excuse (la coupe, la couleur, les poches, la matière...) le but étant de sortir de la cabine d'essayage, digne. Toujours !


Mais que fais-je ?
C'était sans compter sur le zèle de la vendeuse, qui glisse un oeil dans la cabine

-Juliiiie, t'aurais pas du 42 pour la dame ? En mode beuglante pour bien faire profiter les 8 personnes présentes!!!


Ah !....
Je ne sais pas pourquoi, mais sans un mot, avec mon regard rouge fluo, elle s'est écartée, l'affreuse...

Téméraire, quelques jours plus tard, c'est harnachée d'une amie souffrant du même problème anatomique que je retente l'expérience. Les vendeuses sont sympas (traduisez, pas collantes, pas pouffes...). Mais quand ce ne sont pas les employées...

- chériiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, tu me prendrais du 34, je NÂÂÂGE dans le 36.... Bien entendu en meuglant, des fois que son mari, à 15 centimètres, serait sourd comme un pot.

On s'est regardées, ma copine et moi, limite on avait envie de se donner la main, la tête basse et de fuir en courant. On a pensé à la fondue engloutie la veille, on avait envie de pleurer, mais on a éclaté de rire...

Depuis, j'ai trouvé une solution pour ménager mes oreilles, mon égo, contenir la rage et parfois la gêne.



Personne pour braire dans mes oreilles avec un regard de pitié. Une histoire intime entre mes rebelles et moi.

mardi 26 janvier 2010

Jeux d'écritures


Point de modasserie aujourd'hui ! Pour la première fois, je me lance dans les jeux d'écritures, initiés par Madame Kévin. Le point de départ est une photo (cette fois l'image a été choisie par Lizly) puis, celui qui veut, s'amuse avec ses mots. L'ensemble des textes est publié sur le blog à mille mains. Allez, je me jette à l'eau...


Je savais que je devais écouter mon intuition et ne pas accepter ce rendez-vous. Sous des airs de "boire un café", le règlement de comptes, tapi, n'attendrait qu'une occasion pour nous sauter à la gorge.

- Salut, ça va ?

-Bien et toi ?

On s'embrasse du bout des lèvres, commandons, la nuque raidie. On tourne nos tasses, tripotons nos sacs respectifs.

- Et alors ? Qu'est-ce que tu deviens ?

Essayer de survoler ces quelques mois sans l'autre est un leurre de romantique essoufflé. Il manque l'entrain, la fébrilité des retrouvailles. Les sourires sont figés, les regards s'évitent, les bouches sont pincées. L'illusion ne prend pas.

On sait l'une et l'autre que les non-dits seront tus, que l'essentiel sera enfoui.

On se quitte sans promesse.

Je me retourne, regarde la troisième chaise, l'assise de notre histoire défunte...

Une amitié éteinte c'est un goût amer au fond de la gorge. L'étrange face à face entre des heures de partage, de chagrins consolés, d'écoute patiente, de bonheurs éparpillés et les chemins divergents, les jugements, les rancoeurs.

Une pénible déglutition qui, le moment venu, laisse enfin le passé là où il doit être : derrière nous.

samedi 23 janvier 2010

REFERENCE

Je n'ai jamais caché mon admiration pour les frères Freitag (ici & ici). Leurs créations ne correspondent peut-être pas aux "it-bags" des fashionistas. Ce sont des designers et il représentent l'une des idées que je me fais de leur art. La citation d'Ettore Sottsass est plus éloquente que mes mots...

"le design ne signifie pas donner une forme à un produit plus ou moins stupide, pour une industrie plus ou moins sophistiquée. Il est une façon de concevoir la vie, la politique, l'érotisme, la nourriture et même le design."


Le 10 janvier dernier, Freitag lançait au "10 Corso Como" à Milan , une édition limitée de 34 sacs numérotés. Cette opération est un avant-goût de leur nouvelle ligne, REFERENCE, très proche des pièces argentées mises en images sur ce billet. 14 nouveaux sacs seront commercialisés et accessibles par tout un chacun, dès septembre.

Ils m'inspirent et, j'ai l'impression qu'ils toucheront les modeuses... Qu'en dites-vous ?

Crédit photos Daniele Mari


p.s. Comme dirait mon amie Anaïk, "la culpabilité est mon fond de commerce..." Je précise que ce billet n'est aucunement sponsorisé. Je crois encore au partage d'informations et aux coups de coeur.