
Je me réveille naturellement, car mon corps (un Don du Ciel) est réglé pour se réveiller sans heurt à 5 heures (je souris, car en plus de ma beauté et de ma spiritualité je suis assez drôle). Je médite une bonne heure, m'enduis le Corps d'huile parfumée, fais mes ablutions, revêt mon Cadeau de la Terre d'un sari.
Photo Thierry Valencin
Je fredonne pendant que Dunia (notre employée de maison indienne que j'ai sauvée de la misère - tellement moins chère et docile) prépare le petit déjeuner de mes merveilleux enfants. Tout en pressant leurs mangues, nous parlons de notre nuit.
Je les embrasse tendrement puis Dunia et moi avons une petite discussion (toilettes, repas, fenêtres, poussière). Elle ne me remerciera jamais assez de l'avoir emmenée loin de son mari despotique. Puis, j'enfile une tenue confortable en soie, entoure mes yeux de Khol-Kajal, seule parure nécessaire à mon humble grâce.
Au bureau on ne me parle pas directement, j'ai besoin de calme pour réfléchir. Mes employés, tous indiens (tellement serviables et travailleurs), gèrent leur 12 heures de travail dans la paix et sous l'emprise de chefs de groupe. Ils me savent ouverte et aimante, mais ne me demandent jamais rien tant leur condition de vie ici est épanouissante. Grâce à moi ils ont un travail décent (je sais, je ne réincarneai plus, j'ai accompli tout le Chemin).
Vers 13 h 00, je nourris mon Don du Ciel de lentilles et de fruits secs. La graisse étant signe de mauvaise hygiène de vie, je la repousse en me nourrissant sainement, avec l'intelligence qui m'a été offerte. Je médite et remercie encore les Dieux.
Photo Serge Borner, peintre de Vevey (Suisse)Les mardis et jeudis, je me rends librement dans ce que vous appelez un lupanar. Je préfère maison de rencontres. La Nature, généreuse, nous a offert de jouir des plaisirs du corps, de nourrir nos yeux d'images stimulantes. J'en profite, sans abus. N'y voyez pas là, une quelconque débauche, au contraire, c'est en libérant tensions et toxines que nous pouvons nous connecter au Grand Tout et désengorger notre Karma.
Quand je rentre chez moi. Mes enfants prient avec Dounia, sont lavés et ont mangé chichement. Je leur caresse les cheveux, les embrasse sur le front et les borde. Ici, vous parlez de qualité plutôt que de quantité, principe éducatif que j'accueille avec bienveillance.Ils sont heureux, je le sens à leurs regards (les mots étant comptés dans notre foyer pour préserver la Paix de l'Esprit).
Lorsque mon époux, un homme sage de 87 ans revient de l'hôpital de jour poussé par son infirmière (si dévouée et reconnaissante), je lui tiens la main et le regarde longuement. Nos âmes frémissent à l'unisson.

Après une galette de riz et quelques menus fruits, ma masseuse s'occupe longuement de mon Don du Ciel, palpe ma peau souple et soyeuse mais néanmoins ferme. Il lui arrive d'être tentée par ma Merveilleuse Enveloppe corporelle, je la laisse faire. Je n'ai pas pour habitude de contredire les élans naturels.
Je me déshabille, observe longuement le cadeau de Mère Nature, prie, regarde sans détour mon coeur qui soupire d'aise de tant de gratitude que j'ai pu modestement offrir. (petite précision en apparté, Doux Krishna, mon mari ne partage plus ma couche depuis la naissance de notre dernier-né).