Un manteau simplement posé sur les épaules... Le milieu de la mode a exhumé cette manière d'arborer les vestes. Depuis quelques saisons (ou années, je n’arrive
pas à dater précisément.),
on redécouvre cette façon élégante et jolie de se couvrir les épaules. Lorsque les températures varient au cours de la journée, pour éviter de le porter sur le bras ou pour
instiller une dose d’allure faussement désuète, cette néofaçon d'envisager le port du manteau est séduisante.
J’ai immédiatement trouvé cela beau et touchant. Les souvenirs heureux de ma grand-maman qui, toujours, posait sa
jaquette (un gilet en langage valaisan) ainsi. Pour sa ballade quotidienne,
chez elle ou encore sur un banc dans son jardin. Elle n’aurait jamais osé le faire en ville. Cela
aurait été, (autre temps, autres moeurs) trop négligé. Par habitude (et, je l'avoue parce que les années avançant j'ai de plus en plus froid. ) chez moi ou sur ma terrasse, je pose un vieux gilet ainsi. Il m'arrive de l'entendre murmurer « y a un petit courant, fais attention au bas des reins ».
Un geste inné accompagne souvent cette tendance :
les mains enserrent le col, à la naissance du cou. Il est contenu, pudique. Il y a dans ce mouvement, un charme suranné, quelque chose de doux. Lors du dernier défilé milanais
de Raf Simons pour Jil Sander en mars, autant que les sublimes manteaux pastel ou framboise
éclatée, la gestuelle d'une grâce infinie m’a touchée.
Il m’a fallu un temps certain pour marcher aisément dans la rue avec un trench/un blazer et même un perf (c'tte folie) sur les épaules. J’ai tenté timidement dans l’anonymat d’une
grande ville. Depuis, c’est devenu naturel. Ca ne tient
ni trop chaud, ni trop froid, comme disaient les ancien. Mais il faut l'apprivoiser un peu...