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jeudi 8 novembre 2012

Se sentir neuf


Il arrive que les filles les plus formidables de la terre (vous, moi ;)) vivent des moments qui nouent le creux du ventre. Je ne parle pas de contrariétés comme un ongle cassé ou la rupture de stock d'un article de Zara. Ni d'un désabonnement sur Instagram ou d'une remarque désobligeante sur ton air fatigué (traduction : bien marqués tes sillons nasogéniens), tes gamins vifs (traduction : les chiens ne font pas des chats, t'étais infernale), ta tenue intellectuelle (traduction : t'es une adepte mormone), ta curiosité littéraire (traduction : quoiiii ? tu lis ce torchon Cinquante nuances de Grey ?? / en vrai, c'est moi qui ai eu ce préjugé ;()

Lorsque la douleur émotionnelle, surtout et en particulier lorsqu'elle touche à nos petiots, surgit dans nos vies bien rangées, il y a mille façons de réagir. (ma vie, mon oeuvre on s'en fiche, juste que mon fils a eu la mâchoire cassée ce week-end)

La pragmatique analyse froidement à la situation. La sensible à outrance (moi) frise l'évanouissement en voyant son Petiot blessé physiquement. La mère sur-protectrice poule (moi) est à deux doigts de casser la figure de ceux qui touchent un cheveux de leur progéniture.  La super-zen (un jouuur, un jour peut-être) agit sans s'agiter. Malgré nos différences, on évite rarement les symptômes liés aux soucis affectifs : je mange rien, je me rue sur du vin/chips/chocolat/vin/salami/biscuits, je ne dors plus, je pleure, je suis en colère, etc....

A un moment, il faut SORTIR de ces méandres qui nous rendent peu amènes et presque défaillants. Chacun ses méthodes, la mienne : nettoyage et manucure (ce qui fait du bien à l'extérieur fait du bien à l'intérieur).

Rien ne vaut pour moi, le repli dans mon cocon familial, des amis présents et un bain, si possible accompagné de chouchoutage égoïste. 

Ça semble idiot, n'est-ce pas ?

Comme dit ma copine Anne, "après tu te sens toute neuve". C'est joliment dit, non ? 

vendredi 5 octobre 2012

The art of packing de Louis Vuitton

 
C'est l'histoire d'une fille un peu naïve ou trop confiante qui ne cadenasse jamais sa valise. Valise qu'elle dépose à l'entrée du wagon, esseulée ou presque. Mais que pourrait-il bien arriver dans un TGV ? La question ne l'effleure pas, ne lui a jamais traversé l'esprit. La fille, impatiente d'avaler ses 15 kilos de magazines achetés dans un kiosque de la gare de Lyon, s'installe à sa place réservée. Sans aucunes pensées pour son bagage. Les quelques heures de voyage sont toujours, pour elle, une douce transition entre ce qu'elle a vécu et sa vie de famille. Une bulle entre les deux univers.
 
Pour son travail, cette fille avait rencontré au printemps M. Frédéric Morch (papier paru dans le encore!). Il est responsable des commandes spéciales chez Louis Vuitton et également spécialiste en art d'emballer ses affaires. Ils avaient passé, ensemble,  quelques heures délicieuses dans un grand hôtel genevois. Elle garde en mémoire les précieux conseils de l'Art of Packing de la maison Vuitton. Depuis, elle empaquète ses affaires en s'imaginant jouer au Tetris comme lui avait expliqué l'expert layetier. Il avait aussi recommandé de "procéder par strates planes pour atteindre l'équilibre du bagage. " Ou encore que "ce qui ne bouge pas n'est pas froissé". Elle s'était appliquée à composer sa valise la veille du départ mais a déposé sa trousse de toilette sur le dessus des affaires (alors que le « lourd dessous » est une évidence). Oui, parce qu’une trousse de toilette, à fortiori pour une Fashion Week ça pèse !!
 
Après un accueil chaleureux de ses trois hommes, un excellent repas,  au moment de se démaquiller, elle découvre l’absence de sa trousse gonflée jusqu’à l’explosion de ses produits adorés (oui, adorés). Elle n’imagine pas une seconde que sa valise a été visitée. Le lendemain elle appelle l’hôtel, sms à sa rédactrice en chef qui a repris la même chambre. Rien. Mais elle espère encore jusqu’à ce que, l’après-midi, elle cherche ses lunettes de soleil (qu'elle se rappelait avec précision avoir déposées sur le dessus de la valise juste avant de prendre le taxi qui la menait à la gare). Envolées elles aussi. Et le soir, pour tamiser l’ambiance, elle se souvient de cette bougie reçue et une Diptyque, (presque) seul achat parisien. Elles aussi absentes...
 
Chipés aussi sa palette Chanel, l'eyeliner facile de Clarins le dernier Coco, le blush Orgasm de Nars qu’elle chérissait, embellisseur et anticernes, fond de teint chouchou, kit pour sourcils (!!), tous les soins du visage et des cheveux… Et ses pinceaux qu’elle avait pieusement, lentement acquis en quelques années. Etc etc… Se faire voler ses affaires de toilette, ce n’est pas comme une robe qui aurait été dérobée. C’est intime, c’est un peu secret, c’est ce naturel revendiqué qui ne l’est pas (plus) tant que ça !!
 
 

jeudi 17 mai 2012

Salle de bains colorée


 
Merci tout plein pour vos gentils mots, whatsapp et autres signes d'inquiétude. Couchée dans mon lit ou allongée sur le canap' à pleurer misère (appelez-moi Caliméro), j'ai cherché à me faire du bien. Le shopping ? Ça aurait été comme gravir l'Aconcagua, si vous voulez (oh! et même en forme ! Cette année est encore pire que d'habitude ici. Soit c'est une myriade de pantalons rouges portés de 15 à 52 ans soit c'est la foire à l'acryl).
Instinct de survie ou besoin de se faire cocoler, c'est souvent dans la salle de bains que je trouve de quoi me dorloter. Je n'avais pas réalisé que mon inclination naturelle pour le minimalisme à la limite du pharmaceutique avait muté. Ruse de marketing ou besoin viscéral de couleurs, tout comme ma penderie, mes pots sont vitaminés depuis quelque temps...