Ce n'est pas une nouveauté que je vous présente, mais le Goncourt 2004. La presse en a largement fait écho par des critiques dithyrambiques, j'arrive avec quelque temps de retard. Mais peut-être que certains n'ont pas encore eu le bonheur de le découvrir et, selon moi, il en vaut largement la peine.
Ce petit roman de 200 pages se dévore d'une traite. Il est écrit simplement avec l'ardeur nécessaire pour qu'on s'imprègne de l'atmosphère suffocante des paysages arides de Montepuccio dans les Pouilles. Il réussit à transcrire avec ardeur, la chaleur étouffante du lieu, les jugements, l'emprise familiale, les racines, les caractéristiques typiques de ces petits villages cathos.
Le roman retrace la vie d'une famille sur 4 générations (de 1875 aux années 80). Le premier des ancêtres engendre un fils en violant une vieille fille qu'il prenait pour son amour de jeunesse. Un peu tiré par les cheveux. Dans le contexte de la narration, et le viol et cette méprise sont englobés et on peut y croire. Nous verrons la réussite, la fripouillerie de ce fils, le respect engendré par l'argent, un prêtre humain, un amour tu durant une vie, les mensonges, les moments de partage, la transmission familiale, les liens qui subsistent malgré nous une vie durant.
En adepte des sagas familiales j'ai été frustrée du manque de détails, des années trop vite survolées. Finalement j'ai compris qu'il a gardé l'essentiel. Toutes les fioritures autour de nos vies sont polies et ramenées à ce qui restede plus important. Il ne se perd pas en babillages inutiles. Il évoque les petits riens et les liens qui perdurent avec ou sans notre consentement.
Un bouquin rédigé comme j'apprécie : la simplicité des mots, la puissance de l'histoire, la force du texte, l'intelligence et l'humilité de l'auteur.
J'avais déjà évoqué Laurent Gaudé et sa dernière parution (La porte des enfers) lors de mon expérience en tant que membre d'un Jury de lectrices (magazine suisse Edelweiss), ici. C'est avec empressement que je filerai à la librairie lors de sa prochaine publication romanesque. Je me sens prête à le suivre pour un moment encore...



