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samedi 3 juillet 2010

Vivre, juste vivre !

Depuis le temps que nous nous connaissons (!), vous savez que je suis une adepte des eaux chlorées et microbiologiques des piscines. En hiver ! Nager entre les jambes, les cris et les ballons est une discipline au-dessus de mes forces. Autant l'hiver est solitude et silence autant l'été est sociabilité, lecture et papotage. Sur la pelouse et un bout de tissu indien.

Observer l'humain aux abords des piscines mériterait une étude sociologique sérieuse. Ceux qui se montrent, se pavanent, ceux qui sont embarrassés. Les timorés, les amoureux d'eux mêmes, les primipares et les smalas. Chacun raconte une histoire. Parfois les récits sont trop écrits et étudiés. J'ai une nette préférence pour les décontractés dont le corps ne les encombrent pas et qui vivent comme s'ils étaient vêtus. Il faut une certaine dose de détachement de soi pour être à l'abri de l'image que l'on renvoie, tout en habitant son corps (pardon, j'ai abusé de substances licites. Je me comprends et j'espère que vous saurez décrypter ce langage imbibé..) Parce qu'après tout, c'est le regard de autres qui nous retient ou nous fait déhancher. Quoi d'autre ?


J'ai de la tendresse pour tous les genres. Comme si la peau caramélisée atténuait la vérité froide des corps hivernaux. Le soleil, mon astre à jamais (Alix Girod de l'Aine* sort en vitesse) est un doux cataplasme. L'ombrage des saules, ma récompense à ces rudes et interminables derniers mois.

Ces jours, je me suis enf.. (pourtant pas l'envie qui me manquait), j'ai dévoré Paul Auster, Nicolas Fargues, Pierre Assouline. La quintessence de cette saison : lire et languir au soleil. La dive bouteille, une robette turquoise, Coté Lac, une conversation longue et tendre avec l'attachante, la si humaine, l'irremplaçable, Béné. Un café sur une terrasse entre ma maman et un de mes fils, un après-midi décomplexé en maillot avec une vigneronne que j'aime beaucoup. Avec, en fond, les échos de Fleuve Congo.

Décidément, l'été, exacerbe mes sens en même temps qu'il me délivre de la pesanteur hivernale.

Sur ce je file en montagne...

* c'est fait exprès, hein! la déformation de son nom....

vendredi 12 juin 2009

Seul dans le noir - Paul Auster


De retour avec du roman, le dernier Paul Auster "Seul dans le noir", dont je n'ai pas dépassé la page 30 !!! Pourquoi donc en parler ?

La question est à prendre à rebrousse-poil. Comment pourrais-je babiller sincèrement avec vous sans vous présenter celui qui m'a accompagnée durant des heures à la lueur d'une lampe de chevet, nourri mes fantasmes d'écriture et supplanté bien d'autres avant lui.


Comme je vous le faisais remarquer ici pour Bashung, sommes-nous à jamais marqués par nos découvertes de jeunesse. Par loyauté, nostalgie, souvenirs, nous continuons à entretenir le lien, si tenu soit-il. Je ne renie pas le talent de mon Paulo (genre on est intimes), j'en ai bouffé de ses mots. Trop, peut-être. Invariablement le même style. Ce n'est pas le premier qui m'essoufle, je l'avais enfin retrouvé dans "Brooklyn Follies" et reperdu à nouveau. Je ne le souhaite pas à jamais...

Paul Auster demeurera toujours en moi, non comme un amant fugace très vite oublié, mais comme un ami intime qui n'aurait pas pris le même chemin que moi.

C'est une des personnalités que je rêverais rencontrer. Pour lui dire : pourquoi je ne te retrouve plus, pourquoi tu ne vieillis pas, pourquoi tu ne changes pas un peu ? Hein ?? Lui avouer que je l'aime encore mais que la flamme pétillante n'est plus...

Sinon les filles, filez chez Catherine qui fête ses 40 ans en beauté. Limite, j'ai hâte...

Et à lundi pour du concours à huit mains.