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jeudi 9 août 2012

L'empereur du Portugal, Le nain



Je crois que nous avons tous nos tocs et nos tics avec les bouquins. A mon niveau, on pourrait gaillardement parler de tares. Je les aime physiquement, même si, paraît-il, les tablettes sont pratiques et formidables, ben... pour le moment, c'est sans moi. Je les respire, je les touche, je n'en prends pas soin pour autant, aucune maniaquerie. Ils sont écornés, ils portent parfois les vestiges d'une nectarine qui a coulé ou un jolie tache de café. Ils doivent vivre et si possible dans la maison (limite à la cave). Même un livre de poche prêté doit revenir auprès de sa propriétaire ! Trois/quatre fois par année, mon mari tente de me convaincre de les amener chez Emmaüs. Je l'ai fait une fois en sept ans. Deuxième travers, je lis trop vite. Je tente depuis un an, de calmer le rythme, de savourer les pages, plutôt que de les avaler gloutonnement. Sur le nombre de bouquins lus, je me souviens de si peu... Ça revient par vagues.. la trame, le nom des personnages sont flous, si on me raconte des bribes, les impressions remontent... Bref... mon complexe ou plutôt mon fantasme, me souvenir de chacun. J'en parlais à une libraire que j'apprécie beaucoup, m'en plaignais même, elle a eu cette sage explication "les mots laissent des traces. Même pour ceux qui lisent vite". C'était gentil de sa part, j'y repense régulièrement. Troisième chose, lorsqu'un livre m'a profondément marqué, je me souviens très précisément du contexte, des conditions, du lieu où j'ai passé quelques heures en sa compagnie.  Est-ce que ceux qui ont été bouquinés dans un cadre hors du quotidien, m'ont-ils impressionnés pour le situation ou le livre à proprement parlé ? Je ne sais pas toujours...

Je suis friande et extrêmement heureuse lorsqu'un livre me touche, m'emmène, m'émeut, me marque.. Je crois l'avoir dit déjà ici, je ne pleure jamais (ou une bricole), par contre un livre (ou un film ou une mélodie), surtout les livres peuvent me faire pleurer comme une madeleine (la fiction plus que la réalité autorise-t-elle à se laisser aller ? J'ai un diplôme en psycho de bas étage!!). Tout ce blabla, pour vous dire que j'adorerais connaître vos rapports à la lecture (pour un peu qu'on boive trois cafés ensemble, je demande).

Et sur les quelques-uns de cet été, deux ont été significatifs pour moi.


L'empereur du Portugal de Selma Lagerlöf

Il est élégant, simple et profond. Toute l'histoire se passe en Suède, le pays d'origine de l'auteur. Le personnage principal, Jan Andersson, un journalier modeste devient père et naît véritablement ce jour-là. Sa fille transforme sa vie, ils ont un lien puissant, le coeur à l'unisson. Devenue femme, elle part (pour payer une dette injuste de ses parents). Durant des années elle ne donne aucune nouvelle à ses parents. On devine quelle profession elle exerce, les habitants se moquent discrètement d'elle, mais Jan n'imagine que le meilleur pour sa fille. C'est une histoire d'amour inconditionnel, de pardon, de transfiguration.  

Selma Lagerlöf a reçu le Prix Nobel de littérature en 1909 ! Son livre est intemporel. Il touche, remue, se lit aisément. Je l'ai refermé, bouleversée. Et peut-être, face au chemin qu'il reste à parcourir pour ne pas juger. Y compris nos enfants... Un livre à lire et à offrir.