Jérôme,
Vous le chouchou de la blogo, le créateur adulé des modeuses, des amoureuses de sacs, d'esthètes en herbe, vous osez cracher dans la soupe qui vous permet de vivre aisément.
Isabel Marant, sa compagne et Jérôme
Vous avec votre bonne bouille de mec d'à côté, cool, bobo, simple, a l'air timide et décontracté, proche des gens, de nous, quoi ! Comment de telles inepties ont pu sortir de votre bouche lors de cette interview chez le Modalogue. En parlant des blogueuses, je cite : "... je ne comprends pas comment les gens peuvent passer du temps à écrire sur un sac. Ca me fait rire..."
Non ! Sérieusement Jérôme, ça vous fait rire ? Vous êtes étonné si je vous disais que je n'ai pas envie de partager vos gloussements ? Dieu sait si les hommes maladroits me touchent. Mais, allons, dans votre position, pouvez-vous vraiment vous permettre la balourdise ? C'est de la mode, des futilités. Voyons ! La mode engrange des milliards de bénéfices, créent des millions d'emplois et ce bien avant que nous faisions nos premiers pas, vous et moi.
Vous choisissez un métier magnifique, vous devriez en connaître les codes et les usages. Depuis quand une femme n'est pas hystérique à la vue d'un sac ? Depuis quand, de quelque milieu l'on soit issu, le rêve et le luxe n'attirent plus ? Je parle bien évidemment des pays où les besoins premiers sont comblés.
Je pense que vous vouliez dire que vous étiez dépassé par votre succès, que jamais vous n'aviez pensé déclencher un tel engouement. Je vous laisse le bénéfice du doute. Car malgré ces paroles blessantes, je pense que vous êtes quelqu'un de bien. Mais voyez-vous, je ne suis pas certaine qu'il s'agissait d'une gaffe non étudiée, de propos naïfs et innocents. Ne serait-ce pas l'effet inverse du délit de sale gueule ? L'affront d'un mec simple qui prononce des mots qui donnent l'illusion d'un grand naïf mais parfaitement conscient que cette phrase fera encore parler de lui. Car peut-on être gauche dans votre situation ? Aucunement.
Voyez-vous, Jérôme, vos sacs qui me tentent tant et plus me donnent un goût amer.
Oh ! Je ne suis pas naïve (!). Je sais que ma petitesse ne fera pas varier d'un iota vos ventes, mais vous m'avez déçu, simplement.
Voyez-vous, Jérôme, les mots ont plus de poids que l'envie...